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La réunification de Calais et Saint-Pierre-lès-Calais
Calais est une ville à structure bicéphale : deux centres-villes, deux places du marché, deux cimetières, etc. Calais vient du fond des âges. On explique son existence comme un village de pêcheurs dès le XIe ou XIIe siècle. Saint-Pierre est un vaste hameau de Calais, lui-même subdivisé en quartiers, tels qu'on les connaît encore aujourd'hui. A la fin de la Monarchie, Saint-Pierre compte 2 500 habitants tandis que Calais en totalise 7 000. Survient la Révolution et c'est ainsi que le 12 novembre 1789, l'Assemblée Nationale vote un nouveau découpage administratif dont l'une des lointaines conséquences est d'ériger l'ancienne paroisse de Saint-Pierre en commune indépendante. L'industrie dentellière fait son apparition et en décembre 1816, trois Anglais : Clark, Webster et Bonnington implantent le premier métier à tulle à Calais. Très vite, tant à Calais qu'à Saint-Pierre, la progression va être foudroyante. Mais un grain de sable va enrayer la machine à Calais. Les bourgeois se plaignent du voisinage des métiers à tulle, qui déjà, tournent 24 heures sur 24. Ces messieurs ne peuvent dormir... et en juillet 1832, le maire promulgue un arrêté municipal interdisant le travail de nuit ! La réaction des fabricants est immédiate. Craignant pour leur survie, ils émigrent vers Saint-Pierre. Dès lors, Calais va stagner tandis que sa voisine va connaître une progression fulgurante. Trente ans plus-tard, Calais ne comptera que 13 500 âmes tandis que Saint-Pierre en totalisera 33 000. En 1870, un anonyme, dont on ne connaît que les initiales "P.D", publie une brochure qui n'est qu'une longue exhortation à faire la réunification immédiatement. Les Saint-Pierrois face à de lourds problèmes d'équipements et de structures nécessités par la fabuleuse aventure dentellière et ses conséquences démographiques, seraient favorables à une telle fusion.
Les Calaisiens quant à eux, se montrent plutôt réticents craignant du fait de leur minorité une baisse de leur prospérité en s'alliant à une ville dont le budget est constamment en déficit. La république décide de bâtir des fortifications qui englobent Calais et Saint-Pierre et du point de vue militaire, la réunification est faite. Dès lors, Paris n'aura de cesse de faire aboutir cette fusion.

Le 7 février 1882, le préfet invite les deux conseils municipaux à se prononcer officiellement. Les élus calaisiens se prononcent à la majorité de 17 voix sur 27 contre la fusion. Une année supplémentaire d'attente sera nécessaire pour dresser les conditions que les élus calaisiens entendaient imposer à leurs collègues Saint-Pierrois. Retenons deux de ces conditions : la nouvelle ville prendra le nom historique de Calais et les deux communes éliront chacune leurs conseillers municipaux. En quelque sorte, un mariage sans consommation. L'application de ces conditions donnera lieu, à Paris, à de multiples réunions, où les représentants calaisiens ne mettront pas beaucoup de volonté pour faire avancer les choses. Excédés, les édiles Saint-Pierrois iront jusqu'à la démission. Ils seront réélus un mois plus-tard.

Courant 1884, tout est au point. La Chambre des Députés et le Sénat doivent inscrire dans le domaine de la loi ce qui n'est encore qu'un compromis. Après une ultime "navette" qui eut lieu dès le 29 décembre à la Chambre, le texte de loi était donc prêt. La publication au Journal Officiel de la République Française eut lieu le 29 janvier 1885.

 

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