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Dernière lettre d'un calaisien fusillé
Edouard Bown

BOWN Edouard âgé de 45 ans
Fusillé le 6 janvier 1944 – tombe n°21

Le 6 janvier 1944,

Ma chère femme et chères enfants,

J’ai été prévenu à une heure que mon recours en grâce a été rejeté. Ma pauvre petite Marguerite chérie, c’est avec un grand courage que je vais supporter cette peine ; tu sais mon courage et mon moral, pour moi, ce n’est pas le plus dur mais pour vous autres, mes chères enfants et chère femmes. Enfin, le destin ne nous a pas avantagés ! Surtout beaucoup de courage pour toi et les enfants. Mes dernières pensées seront pour vous.
Pour toi, tu sais tout, n’oublie rien pour toi pouvoir vivre, après vois X à mon sujet. Surtout, il faut faire pour les enfants ce que tu as toujours fait, puis je n’ai rie à te dire de plus car tu as toujours été une épouse modèle ; je sais ma bonne Marguerite que tu continueras ta vie dans celle du devoir envers toi et ma famille. Pour les enfants : Mary sois bien sage et écoute les conseils de ta mère et toi, ma bonne petite Doudou soit forte et docile envers ta mère ; restez unies toutes les trois toute votre vie et soyez bien sages pour donner une grande consolation à votre pauvre mère : soyez fières de votre père qui n’a jamais eu peur. Maintenant, bien embrasser ce pauvre Achille pour moi et lui dire de penser à vous, embrassez aussi François, frère Percy, Thérèse et les enfants, Rachel, John et Victor puis tout le reste de la famille et les amis.
Je vais maintenant faire mes devoirs de bon catholique et bien prier pour moi. Maintenant pour moi, tu feras ce que tu voudras. Donc mes chères enfants et chère femme, pas adieu mais au revoir, Mary et Doudou, les derniers baisers de votre père et toi Marguerite bien-aimée, mes bons et tendres derniers baisers et ma dernière pensée. Courage pour toute la vie. Encore mille gros baisers !
Ton mari qui t’aime

Sidney

PS : Tu sais, ce n’est pas dur de mourir mais c’est pour vous.
Bon baisers.
Sidney

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